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Affaire Romain Dupuy : l'infirmier tueur de Pau et la nuit de sang à l'hôpital psychiatrique

Auteur Planète Plus Justice
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Affaire Romain Dupuy : l'infirmier tueur de Pau et la nuit de sang à l'hôpital psychiatrique

Le 17 décembre 2004, un vent de terreur souffle sur l’hôpital psychiatrique de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques. Il est environ 2 heures du matin quand un jeune homme de 23 ans, Romain Dupuy, se saisit d’un couteau de cuisine et commence une course meurtrière dans les couloirs de l’établissement. En quelques minutes, deux infirmières sont mortes, un patient est grièvement blessé. L’agresseur est lui-même un patient de l’hôpital, hospitalisé pour schizophrénie paranoïaque. Cette nuit de sang va bouleverser la France et relancer le débat sur la prise en charge des malades mentaux dangereux.

Romain Dupuy : le parcours d’un enfant brisé

Pour comprendre le drame du 17 décembre 2004, il faut remonter loin dans l’histoire de Romain Dupuy. Né en 1981 dans une famille modeste du Sud-Ouest, il est un enfant calme et renfermé. Très tôt, des signes de fragilité psychologique apparaissent. À l’adolescence, il développe des idées persécutives et s’isole de plus en plus.

En 1998, à 17 ans, il est hospitalisé pour la première fois en psychiatrie. Le diagnostic est terrible : schizophrénie paranoïaque. Romain entend des voix, se sent persécuté par des forces obscures. Il est convaincu que des “rayons” contrôlés par des puissances maléfiques s’attaquent a lui. Son séjour à l’hôpital alterne entre phases de relative stabilité et épisodes de crise aiguë. Pour comprendre comment la justice qualifie ces états, notre article sur l’expertise psychiatrique et l’irresponsabilité pénale apporte un éclairage essentiel.

Malgré son suivi psychiatrique, Romain Dupuy ne parvient pas à stabiliser son état. Il alterne les hospitalisations et les sorties précaires. Ses parents, démunis, tentent de l’aider mais se heurtent aux limites du système de santé mentale. En décembre 2004, il est hospitalisé à l’hôpital de Pau depuis plusieurs semaines. Il semble calme, mais en réalité, les voix ne l’ont jamais quitté.

La nuit du 17 décembre 2004

Cette nuit-là, Romain Dupuy ne dort pas. Les voix sont de plus en plus puissantes. Il est convaincu que les infirmières veulent le tuer, qu’elles font partie d’un complot contre lui. Vers 2 heures du matin, il sort de sa chambre, descend à la cuisine de l’hôpital et se saisit d’un couteau. Il se dirige d’abord vers le bureau des infirmières.

Hélène Mauroy, 36 ans, est la première à le voir arriver. Elle n’a pas le temps de réagir que Romain la frappe à plusieurs reprises. Elle meurt sur le coup. Le bruit alerte une autre infirmière, Sylvie Letessier, 38 ans. Elle accourt et tombe à son tour sous les coups de l’agresseur. Les deux infirmières sont tuées en moins de deux minutes.

Pris d’une fureur incontrôlable, Romain Dupuy continue sa course. Il entre dans la chambre d’un patient âgé de 68 ans qu’il blesse grièvement. Le personnel soignant, paniqué, parvient à se barricader et à alerter la police. Lorsque les forces de l’ordre arrivent, Romain Dupuy est retrouvé prostré dans sa chambre, le couteau encore à la main. Il ne résiste pas à son arrestation.

L’onde de choc dans le monde médical

Le drame de Pau provoque une onde de choc dans toute la France. Comment un patient hospitalisé en psychiatrie a-t-il pu commettre un tel massacre ? Les questions fusent. La sécurité des hôpitaux psychiatriques est mise en cause. Les syndicats dénoncent le manque de moyens et d’effectifs, qui empêche une surveillance adéquate des patients les plus dangereux.

L’hôpital de Pau est accusé de négligence. Une enquête administrative est ouverte. Elle révélera que Romain Dupuy avait déjà fait preuve de comportements violents au cours de son hospitalisation, mais que ceux-ci avaient été minimisés par le personnel. Il apparaît également que son traitement avait été modifié quelques jours avant le drame, ce qui pourrait avoir favorisé la crise psychotique.

Cette affaire pose la question fondamentale de la gestion de la dangerosité en psychiatrie. Comment protéger les soignants sans transformer les hôpitaux en prisons ? Le débat fait rage des années durant, sans apporter de solution définitive. Pour comprendre comment le droit pénal appréhende ces cas de trouble mental, vous pouvez consulter notre article sur le profil des tueurs en série et leurs signes avant-coureurs.

Le procès et la question de l’irresponsabilité

L’affaire Romain Dupuy n’a jamais donné lieu à un procès pénal classique. En raison de la schizophrénie paranoïaque de l’accusé, les experts psychiatres ont conclu à l’abolition de son discernement au moment des faits. En application de l’article 122-1 du code pénal, Romain Dupuy a été déclaré irresponsable pénalement. Il n’a pas été jugé par une cour d’assises, mais hospitalisé d’office dans une unité pour malades difficiles (UMD).

Cette décision a suscité des réactions contrastées. Les familles des victimes ont exprimé leur colère et leur sentiment d’injustice. Comment le meurtrier de leurs proches pouvait-il échapper à un procès ? Pour elles, la notion d’irresponsabilité pénale est une forme d’impunité. Les médecins, de leur côté, rappellent que Romain Dupuy est un malade, pas un criminel au sens classique. Le punir n’aurait aucun sens puisqu’il n’avait pas conscience de ses actes.

Ce débat, toujours d’actualité, est au coeur de nombreuses affaires criminelles en France. Il renvoie à une question philosophique fondamentale : une société peut-elle punir un individu qui n’a pas compris la portée de ses actes ? Les affaires comme celle de Romain Dupuy sont souvent comparées à d’autres cas célèbres d’irresponsabilité, notamment dans notre article sur les erreurs judiciaires célèbres en France.

L’héritage de l’affaire

Aujourd’hui, plus de vingt ans après les faits, Romain Dupuy est toujours hospitalisé en UMD. Son état s’est stabilisé, mais il reste considéré comme dangereux. Il ne sortira probablement jamais. Les infirmières tuées, Hélène Mauroy et Sylvie Letessier, sont devenues des symboles du risque quotidien que prennent les soignants en psychiatrie.

Leur mémoire est honorée chaque année par leurs collègues et par les associations de victimes. Un monument a été érigé près de l’hôpital de Pau, rappelant a tous que le soin psychiatrique est un métier de courage, où la frontière entre la raison et la folie est parfois si ténue qu’elle en devient tragique.

Cette affaire, comme celle de Nordahl Lelandais ou de Michel Fourniret, nous rappelle que la dangerosité criminelle peut émerger des profils les plus inattendus. Pour en savoir plus sur les affaires qui ont marqué la France, notre dossier sur les 10 plus grands tueurs en série français offre une perspective complète sur la criminalité hors norme dans notre pays.

L’affaire Romain Dupuy restera comme un avertissement : la maladie mentale non traitée peut conduire au pire, et notre système de santé doit faire face à ses responsabilités pour protéger à la fois les patients et ceux qui les soignent.

FAQ

Foire aux questions

Qui est Romain Dupuy ?

Romain Dupuy est un patient schizophrène qui, en décembre 2004, a tué deux infirmières et blessé grièvement un patient à l'hôpital psychiatrique de Pau.

Quelle peine Romain Dupuy a-t-il reçue ?

Il a été déclaré irresponsable pénalement en raison de ses troubles mentaux et hospitalisé d'office. Il n'a donc pas été condamné à une peine de prison.

Pourquoi cette affaire a-t-elle fait débat ?

Le drame a relancé le débat sur la sécurité des hôpitaux psychiatriques et la prise en charge des malades mentaux dangereux en France.

Sources

Sources & références

Note

Cet article a été rédigé sur la base des éléments officiels de l'enquête et des rapports de presse de l'époque. Planète+ Justice s'efforce de fournir une information précise et respectueuse des victimes.